En février, nous sommes partis en famille élargie (ma tribu, ma mère , ma soeur et son conjoint) pour une dizaine de jours en Guadeloupe, île d’origine de mon grand-père paternel. J’y étais déjà allée lorsque j’avais 4 ans et demi, autant dire que je n’en avais quasiment aucun souvenir. J’ai donc vécu ce voyage comme une découverte totale et j’ai eu le sentiment, en découvrant l’environnement, l’habitat, la végétation, de quitter l’Europe pour la première fois et d’être vraiment « à l’étranger » (ce qui n’est pas totalement faux, historiquement parlant).

Mon grand-père mettait des w à la place des r. Après son départ de l’île pour soigner en métropole une tuberculose contractée au début de la 2e guerre, il a épousé son infirmière, demeurée sa femme aux petits soins constants pendant 60 ans. Ils se sont installés à Marseille, qu’ils n’ont jamais quittée.
Avec nous, il était gentil, et généreux à l’occasion, mais pas plus intéressé que ça par nos petites vies d’enfants. Il passait le plus clair de son temps dans son bureau, antre bien gardée de sa passion philatéliste (la légende familiale dit qu’il fut l’un des plus grands collectionneurs de timbres de France) et de sa collection de cartes postales anciennes de Guadeloupe.
Chez lui, l’apéro était synonyme de ti punch et s’agrémentait des acras de morue divins de ma grand-mère, que l’on appréciait dès la plus tendre enfance – et dont je n’ai jamais retrouvé la saveur nulle part, pas même ici. Une fois leurs enfants partis, leurs vacances annuelles consistaient à rendre visite à la famille et au climat tropical qui l’avait vu naître chaque mois de février. Ils en revenaient chargés de rhum, d’épices, de vêtements et de coupons de madras pour ma couturière de grand-mère, ils renouvelaient le stock de verre à punch et de plateaux en bois estampillés Gwada.
C’est sur son île qu’il a finalement voulu être enterré et ma grand-mère l’a rejoint 9 ans plus tard.

Cimetière du Moule 
Cimetière Morne à l’eau 
Les cimetières guadeloupéens sont atypiques et magnifiques
De ma première découverte de l’île il y a 30 ans, je ne garde que quelques images éparses. Cette année, c’est en famille que nous avons fait le plein de vitamine D, de végétation luxuriante, de bananes et de sucre coco, d’horizons bleus étincelants et de sable dans le maillot, tout en emplissant ma tête et mon corps de savoirs et de sensations faisant écho au sang jusqu’ici un peu ignoré qui coule dans mes veines.
A venir : d’autres articles sur mes émotions et ressentis, mes visites et mon ébahissement lors de la rencontre avec cette île …
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