C’est en échangeant avec un « collègue d’écriture », sur les différentes facettes de la vie de Jack London, que j’ai pris conscience que je n’avais jamais rien lu de ce grand auteur, journaliste, explorateur !

L’appel de la forêt… et des souvenirs !

Je suis partie dans ma bibliothèque en quête de ce livre, qu’il me semblait posséder depuis l’enfance sans jamais l’avoir ouvert. 
Éditée dans les années 90 à destination d’un public jeunesse, cette version de L’appel de la forêt est enrichie de magnifiques dessins et de pages ou annotations documentaires qui complètent à merveille la compréhension du récit.

l'appel de la forêt buck illustrations

BONUS de cette lecture : j’ai découvert que l’illustrateur de cet ouvrage était Philippe Munch, dessinateur tant apprécié de mon enfance, notamment de la géniale série de livres Kerri et Mégane dont je ne retrouvais plus le nom ! #madeleinedeproust

Violence et contemplation, au plus près des instincts

Jack London, qui a participé à la ruée de l’or sans pouvoir la mener jusqu’au bout, raconte ici son expérience de la vie dans ces contrées canadiennes d’une rudesse extrême, particulièrement l’hiver. En suivant le sort de Buck, chien arraché à sa paisible vie californienne pour aller tirer de lourds traineaux au cœur de l’hiver, sur des lacs gelés et dans des reliefs hostiles, qui ont coûté la vie à des centaines d’humains et d’animaux.
J’ai adoré cette plongée au cœur d’une période historique dont je savais peu de choses, j’ai été choquée par la violence du traitement réservé aux bêtes, l’omniprésence de la loi du plus fort, la loi sauvage, primaire, ancestrale… qui régit les rapports entre humains et que l’on laisse pareillement s’exercer entre les chiens, avec une indifférence fascinée.
Il est particulièrement intéressant de pouvoir percevoir autant le fonctionnement de l’environnement où est entraîné Buck que le changement interne qui se produit en lui à mesure qu’il oublie sa vie passée, que son corps s’adapte au climat et au travail, à mesure que des instincts enfouis en lui depuis des générations refont surface et s’imposent peu à peu.

Cette immersion dans la plus grande sauvagerie teintée d’émerveillement et d’émotions était une lecture magnifique, dont on ne souhaite pas voir arriver la fin.