
Sur la photo, je ne te connaissais pas. Je serrais contre moi, depuis quelques minutes à peine, cette petite boule chaude, humide, toute de membres fins qui paraissaient longs et minuscules à la fois. Je savourais ce contact tout neuf qui avait le goût des gestes protecteurs retrouvés et du tout frais qu’il me semble toujours oublier trop vite.
Sur la photo tu as fermé tes yeux. Moi je ne les vois pas trop et je n’ose pas bouger. Je ne veux pas te perturber parce que c’est déjà un miracle tout ce processus-là. Il m’a fourbue plus que jamais et tu as certainement jeté toute ta volonté dans cette progression pour t’extirper de la matrice, à la seule force de ton corps et de mon utérus.
Quand j’y repense, il me manque un peu déjà ce moment de la découverte, la rencontre, le petit paquet à la couleur indéterminée qui atterrit sur ma poitrine victorieuse. Cet être que l’on croit à peine sorti de soi et qui sent si bon. Je crois que je ne pourrais jamais m’en lasser, m’en rassasier, dussé-je faire naître 10 enfants.
Et que dire de la suite ? Je ne sais que dire que je n’ai déjà évoqué tant de fois. Le difficile, le merveilleux, l’éreintant, le bonheur irréel de voir évoluer son enfant, se former son esprit et se communiquer ses envies. Sa force communicante pour sans cesse aller devant, remettre l’ouvrage sur le métier chaque matin avec le même appétit de voir et de comprendre. Bien sûr qu’ils nous font grandir ces enfants-là.
Voilà 1 an et j’en veux mille autres aux côtés de cette enfant qui fait mettre à terre un genou à ses aînés envoûtés, qui sourit à la cantonade pour éclairer l’hiver et dissiper la colère, qui donne avec détermination et retient avec humour, qui offre à notre vie un supplément d’âme qui ne pouvait que lui manquer.
Go on, mini squaw ! ❤

Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.