J’ai découvert l’allaitement avec mon aîné et beaucoup de conviction. Une fois le difficile cap du premier mois passé, j’avais décidé d’allaiter jusqu’au sevrage « naturel ». J’ai ensuite modéré mon enthousiasme à la découverte de diverses autres réalités (mon envie d’un nouvel enfant, principalement) et achevé le sevrage peu après 14 mois. J’ai surtout compris que si le lait maternel est effectivement la nourriture naturellement destinée au petit être humain, les modalités de l’allaitement étaient davantage dictées par des considérations culturelles que naturelles. Ici un sevrage à 3 mois pour reprise du travail, dans un autre coin du globe un allaitement jusqu’à 7 ans passés avec le sein pour principale source d’apaisememt enfantin, là encore point d’allaitememt mais un biberon. La culture, les envies, les (im)possibilités… Avoir le choix, avant tout.

Et l’existence de ce choix implique que la question de la fin de l’allaitement finit toujours par se poser. Pour moi à l’approche d’un an, comme une réflexion à mener pour les mois à venir, comme un ras-le-bol récurrent lors des douleurs d’engorgement, comme une évidence qui peut encore bien durer quand son regard profond aimante le mien, sa main curieuse et impatiente jouant avec le collier ou repoussant la mienne de cet emplacement farouchement réservé. Elle se pose pour envisager de m’absenter, de repartir un week-end à deux, elle se pose par la crainte que réduire la fréquence ne sonne totalement le glas de ce lien particulier.

Elle se pose sans trop se presser parce que c’est pour la dernière fois. Et les dernières fois, on y pense beaucoup avant, on appréhende souvent. Même si elles finissent souvent par passer inaperçues parce qu’arrive le bon moment, dans l’ordre des choses.

Le lien perdure et s’évanouira, sans doute, dans quelques mois. ❤