Lors de ces 10 jours sur l’île de Guadeloupe, il y a 3 choses qui captent mon attention à chaque déplacement…
La mer, l’horizon, la plage… l’eau en Guadeloupe
L’une d’elles est la mer, présente partout mais différente à chaque fois : calme et pleine de poissons à observer au-dessus des coraux à quelques mètres de cette plage-ci, s’enroulant en vagues furieuses qui s’élèvent en une eau turquoise dans cette grande anse-là, explosive et grondante contre les falaises de cette pointe-ci, complice du vent en embruns fracassants sur cette autre pointe-là… Les volumes d’eau charriés par ces vagues aux mouvements immenses sont fascinants et hypnotiques. On resterait des heures à se faire emmêler les cheveux sur les hauteurs d’où l’on devine si bien le découpage de l’île sur l’océan, où l’on comprend la place infime de la terre sur l’élément vital et nourricier. Un élément qui montre combien il pourrait, à tout moment, nous avaler tout entiers.

Plage d’Anse Bernard 
Plage de Grande Anse – Deshaies 
Sur la route de la pointe des châteaux

Pointe des Châteaux 
Porte d’Enfer – Grande Terre 
Pointe de la Grande Vigie
L’habitat : maisons en bois et tôle colorées
Cette autre chose qui capte mon attention, c’est le bâti. L’habitat et le reste.
Outre ce premier voyage en Guadeloupe il y a 30 ans donc je ne garde que d’infimes souvenirs, je dois avoir le regard naïf de qui n’a jamais quitté le continent européen. Continent où, en ayant chacun leurs spécificités, les pays partagent tous un climat tempéré. Or, pardon pour cette lapalissade, mais le climat influence tellement le type d’habitat !
Je découvre donc ces habitations entièrement ouvertes sur l’extérieur, majoritairement en bois, aux toits de tôle qui permettent une bonne ventilation en laissant sortir la chaleur. Mais il y a, aussi, que les règles d’urbanisme semblent parfois anecdotiques. Comme me disait avec humour un local, « les lois mettent du temps à arriver jusqu’ici ! ».
Sur le bord des routes, les maisons aux rares clôtures semblent jetées çà et là, dans une disharmonie qui questionne quiconque a déjà eu à se conformer à un PLU pour choisir la couleur de son crépi, le style de sa clôture ou l’espace de retrait avant son portail.
Il y a d’abord les couleurs. Du moment qu’elles sont vives et accordées entre les différents éléments du bâti, chacun semble laisser cours à ses envies et les toitures se voient de loin, tantôt blanches, tantôt en dégradés de bleus, tantôt oranges ou vertes. Les murs ne sont pas en reste et cela donne de magnifiques réalisations, qui ont ravi mes yeux mais que j’ai peinées à immortaliser au rythme de la route : fuschia et blanc, orange et vert, jaune et bleu, blanc immaculé, vert pistache de la clôture à la toiture…
Les maisons pimpantes sont un délice pour les yeux mais l’intensité du climat rendant sûrement nécessaire un entretien annuel, nombre de maisons sont beaucoup plus défraîchies. Conjuguées à la diversité des histoires et des ressources, les maisons alternent, à la ville comme à la campagne, entre habitats historiques tout de plaques de tôles conçus, maisons de pêcheur en bois croulant, masures abandonnées menaçant de s’effondrer mais que rien ne semble obliger à détruire, bicoques modestes et anciennes demeures coloniales plus ou moins bien conservées…
Le camaïeu créé là par l’histoire et les ressources de leurs propriétaires a de quoi surprendre de prime abord et n’a eu de cesse de me fasciner et me dépayser tout au long de ces 10 jours.
La végétation guadeloupéenne
Enfin il y avait la végétation. Celle des cartes postales, à la fois si semblable et si différente en perception. Sur les cartes postales et les photos bien cadrées pour envoyer aux amis, elle est figée, elle renvoie cette image de paradis terrestre pour gens pressés en mal de sérénité. Quand on voit bouger les cocotiers sous le vent matinal, quand on observe les feuilles un peu déchirées du bananier ou qu’on se laisse emplir par la tranquillité d’un jardin aux multiples bosquets fleuris, dont on ignore les noms mais pas la beauté, alors l’impression est tout autre. C’est beau et c’est banal à la fois. Surtout, cela s’accompagne tantôt de la chaleur humide qui colle un peu, tantôt des bourrasques de pluie aussi impressionnantes qu’éphémères. La nature est surprenante à chaque détour, piquante, immense, un peu dangereuse parfois et révélatrice des choix de vie des humains qui doivent s’en accommoder, qui construisent avec et autour.
Ici, je me souviens de ces 5 palmiers immenses, plantés le long du grillage de clôture de cette exploitation, en bordure de route, face aux champs de canne à sucre, et qui voulaient toucher le ciel. Là, cette terre aride, au milieu des plantations, qui semble loin de toute irrigation alors que l’océan borde tout. C’était ces arbres immenses, cette végétation luxuriante aux accents de jungle tout autour de la route de la Traversée (ou route des mamelles), que l’on retrouvait de même dans le parc zoologique, au milieu de laquelle on aurait voulu rester des heures pour détailler chaque fleur étrange, chaque enchevêtrement de feuilles inconnues, chaque tronc jeté vers le ciel… On voyait encore des arbustes et buissons en haut des falaises, aux airs de calanques sudistes, entre les trouées desquelles le turquoise des eaux folles nous happait.
La végétation gagnait partout et sûrement, on lui laissait plus de latitude, même en ville, comme les humains qui semblent là-bas, s’en octroyer plus que nous, par culture, besoin de débrouillardise et nécessité climatique.




Zoo de Guadeloupe



Pointe de la Grande Vigie 

Capesterre Belle Eau 









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