Toutes les familles ont leurs histoires, certaines plus bouleversées, absurdes, délirantes ou excentriques que d’autres. Parmi les plus illuminées, il y a celles qui rendent à la folie tout son panache et sa joyeuseté, quand le quotidien pourrait s’en trouver bien plus sombre et aliénant.
Une histoire vraie ?
En refermant le livre d’Olivier Bourdeaut, je me suis précipitée sur Internet pour découvrir l’auteur et savoir si tout ceci pouvait être « vrai ».
L’obsession de distinguer le vrai du faux, c’est précisément ce dont les parents du narrateur sont exempts, c’est ce qui bouscule et constitue le charme décalé du récit. Avide d’histoires, ce couple à l’imagination fertile s’est parfaitement trouvé, imbriqué, inventé… jusqu’à ce que la vraie folie, celle que la médecine a classifiée et qu’elle s’efforce de soustraire du monde, les rattrape.
Un tourbillon indéfinissable
« En attendant Bojangles » condense la poésie de l’instant, un décalage entre les regards inconséquents des protagonistes et leurs sursauts de lucidité, un point de vue enfantin qui ajoute à la drôlerie des scènes mais aussi à la candeur des personnages, la question du couple comme fin ultime même après l’enfant, le portrait d’une société sans âge qui n’existe que pour souligner la liberté d’esprit mise en scène, des descriptions vivantes et colorées, une mise en lumière des petites absurdités de l’existence.
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Frais, émouvant, tourbillonnant, poétique et grave, ce roman transporte furieusement.
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