Tout commence il y a quelques années à new York, ou peut-être plutôt les pieds dans une mare en pleine campagne dans les années 90. A moins que ce ne soit sur les territoires de la Compagnie des Indes au 18e siècle, ou encore dans les tiroirs pleins à craquer de l’Herbier national, à Paris… En fait tout commence dans la tête de ceux qui y laissent peu à peu pousser une jungle. La jungle de la curiosité, elle-même nourrie par la soif de comprendre et la volonté, parfois, d’échapper à une autre destinée.

Entremêlant la naissance de sa passion, son parcours non tracé et les bribes d’explorations de ses prédécesseurs, Marc Jeanson nous immerge dans un océan de verdure où tout est à découvrir. L’actuel responsable de l’herbier au Muséum national d’Histoire naturelle de Paris nous confie, sous la très belle plume et avec l’appui de la journaliste et ingénieure paysagiste Charlotte Fauve, le fruit de rencontres marquantes, de vastes recherches documentaires et d’heures passées sur les sols de tous les continents comme dans les collectes encore non identifiées entreposées à l’herbier.
Dans les coulisses d’un métier fort méconnu, de vocations peu banales, dont l’ambition est pourtant déterminante pour la connaissance de la planète, j’ai été happée par mille informations. Ce fourmillement de données et d’anecdotes s’entrecroisent au fil de courts chapitres, dont l’enchaînement parfois inattendu ressemble aux émanations des souvenirs d’un homme qui aurait traversé les siècles pour relater l’évolution de sa science.

Quelques unes des évocations ou notions qui m’ont marquées :
- Le mélange des espèces entre les continents, legs des multiples expéditions botaniques et conséquence de l’attrait humain pour le “beau”, les plantes-bandes multicolores qui sont ainsi les mêmes à Paris, News York ou en Asie ;
- Une multitude de termes botaniques inconnus, qui vont plus loin dans la description que le pistil, l’étamine ou la tige employés par le commun des mortels,
- Des témoignages de l’impact des activités humaines sur la quantité de végétaux existants, sur leurs parasitages mutuels lorsqu’ils sont implantés en trop grand nombre sur des sols dont ils ne sont pas originaires (palmiers à huile, eucalyptus bleu, …)
- La différence entre forêt primaire et forêt secondarisée, la description fascinante de la façon dont chaque espèce reprend ses droits pour permettre aux autres de se réimplanter et de recréer l’écosystème initial, …
J’ai maintes fois dégainé mon smartphone pour mettre une image sur les descriptions d’une précision aussi poétique que scientifique et les noms latins qui ne m’évoquaient rien.

Ce livre, qui relève autant du carnet de voyage que du récit historique, scientifique et écologique est à mettre entre toutes les mains (aux cerveaux curieux) !
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